English: : Grands batteurs






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Watts Charlie

Musiciens ou groupes:

The Rolling Stones

Biographie et commentaire

Charlie Watts est le batteur des Rolling Stones (né en 1941 en Angleterre) presque depuis leurs débuts (ce qui prouve que son jeu est indissociable du son du groupe), jazzman de formation (et dessinateur de publicités professionnel à ses débuts), le plus vieux membre du groupe et un des premiers batteurs de pop-rock (voire funk et disco). Contrairement à la plupart des batteurs de rock, il privilégie l’efficacité et le stoïcisme sur le jeu brutal et « désordonné » (un contre-pied intéressant à faire remarquer par rapport à Mick Jagger, qui est bien un fils du R’N’B et inspirateur du hard rock). Avec les Beatles, les Rolling Stones furent parmi les premiers groupes de rock’n roll anglais (première formation : 1962, entrée de Charlie dans le groupe : 1963, premier album : « The Rolling Stones », 1964). Charlie Watts est un des premiers batteurs (avec Bernard Purdie, spécialiste du mélange, blues, jazz, funk et rock également) à jouer un rock en « double swing » (décomposition de chaque temps en 9 temps égaux (triolets de triolets de croches) sur la chanson « Time is on my side » (qui fut jouée pour la première fois en big band mais en 3/4 swingué par l’orchestre de Kai Winding en 1963, et repris en chanson la même année que les Stones (1964) par la chanteuse de soul Irma Thomas). Ce type de rythmes d’accompagnement est pour moi une sorte de sommet de sophistication du blues et du rock, qui représente bien l’exigence, l’avant-gardisme et la culture, qu’ont pu avoir les Stones dès leurs débuts (même si ils se contentent ici de suivre l’avant-garde du R’N’B américain), et explique l’impact populaire (premier single des Stones au top ten des charts américains, les Rolling Stones ont aujourd’hui vendu plus 200 millions d’albums), loin des clichés de certains historiens qui amalgament le succès populaire en général, au simplisme. La prestation de Charlie sur « Stray Cat Blues » (1968) est vraiment très proche du style disco (Marc Cerrone) avant la lettre. Bien que toujours en partie improvisées, beaucoup de chansons possèdent des détails mnémotechniques spécifiques, une marque de fabrique de la pop music anglaise, comme celle des Beatles, principe depuis utilisé par tout le monde en variété. L’usage des breaks beats (exemple : « Gimme Shelter », sur « Let It Bleed», 1969), notes fantômes et roulements (tras, ras), n’est pas sans rappeler le funk de Clyde Stubblefield (James Brown). Charlie est capable de jouer un swing subtil entre binaire et ternaire (typique du folk blues, de Ringo Starr, Bernard Purdie ou Steve Gadd). La passion pour le jazz de Charlie ne l’a jamais quitté, en atteste son album « Vol pour Sidney », 1986, au côté de Elvin Jones et Lee Konitz ou « From One Charlie » en hommage au saxophoniste Charlie Parker (1993) ou encore récemment « Live at Scott’s » (2004) qui mélange avec brio diverses influences musicales, mais totalement instrumental et acoustique.

Marc De Douvan, publication: 3 janvier 2006.

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